Poursuivant le débat amorcé lors de notre dernière séance du Conseil municipal, nous souhaitons vous interpeler, Mme la Députée-Maire, sur les dangers qui pèsent aujourd’hui sur la qualité de l’accueil des tout-petits.

Le projet de décret sur l’accueil de la petite enfance du gouvernement Fillon – que vous soutenez -
porte gravement atteinte à la qualité de cet accueil. En effet, il prévoit :
- l’augmentation de la capacité de sur-admission dans les crèches de 110 à 120% ;
- la diminution de l’encadrement dans les équipements d’accueil collectif avec la création de jardins
d’éveil : 1 adulte pour 12 enfants (contre 1 adulte pour 8 enfants selon les normes actuelles) ;
- la diminution des exigences de qualification des personnels (la part obligatoire de personnel dit
qualifié passerait de 50% à 40%, des maisons d’assistantes maternelles, non encadrées par des
éducateurs comme c’est le cas aujourd’hui, serait créées).
Ces mesures s’ajoutent à celles déjà adoptées en 2009, telles que l’autorisation pour les assistantes
maternelles d’accueillir 4 enfants (et non plus 3) et le refus gouvernemental d’exclure la petite
enfance du champ d’application de la directive européenne « Services », instituant ainsi une mise en
concurrence du secteur au bénéfice du privé et au détriment de l’associatif.
Ces mesures, si elles étaient définitivement adoptées, fixeraient le cadre d’un accueil « au rabais »,
clairement au détriment du développement de l’enfant et dépréciant considérablement les
conditions de travail déjà difficiles des professionnelles.
Or, l’accueil des jeunes enfants est un véritable investissement pour l’avenir. L’expérience de certains
pays scandinaves, où la petite enfance est considérée comme la première marche du système
éducatif, démontre qu’une politique ambitieuse dans ce secteur est plus que pertinente.
Ces mesures vont à l’encontre de l’instauration d’un véritable service public de la petite enfance et
d’un développement durable de la société…indissociable d’une exigence d’équité dans l’accès (avec
une progressivité des tarifs notamment) et de qualité, tant dans le service (assurer le bien-être et
l’épanouissement de l’enfant) que dans l’encadrement (recours à du personnel qualifié).
A Aix-en-Provence, la mobilisation de parents s’est organisée, un Collectif de défense de la petite
enfance du Pays d’Aix s’est constitué et des manifestations ont déjà eu lieu.
Dans notre ville, les conséquences de l’application du projet de décret gouvernemental seraient
particulièrement sensibles sur la qualité de l’accueil des tout-petits. S’il est impératif de créer des
places supplémentaires afin de répondre à une demande très importante (des centaines de
demandes restent insatisfaites chaque année), cela ne peut pas se faire n’importe comment ni à n’importe quel prix. C’est le message de très nombreux parents, que nous relayons ici.
La municipalité doit faire preuve de volonté politique en ce domaine pour apporter des solutions aux multiples difficultés (gestion des temps sociaux, organisation de la vie quotidienne, coût des modes de garde…) rencontrées par de très nombreuses familles Aixoises.
La mise sur le « marché » du secteur des crèches (et de l’école maternelle) ne peut, en aucune manière, être la solution.
Nous vous demandons, Mme Joissains, en votre qualité de Maire(responsable d’une délégation de service public de gestion de crèches de la ville) mais aussi de parlementaire membre de la majorité gouvernementale, de vous opposer à l’adoption de ce décret et de faire en sorte que les conditions et la qualité de l’accueil des petits Aixois soient améliorées et non pas dégradées. Nous vous demandons de refuser de céder aux lois du marché dans le secteur de la petite enfance qui doit être un véritable service public.
Extraits :
« Les voisins ont même déposé un recours devant le tribunal administratif : ce n’est pas seulement une crèche qui devrait voir le jour dans le jardin des religieuses, mais un immeuble de quatre étages, avec 24 appartements. La crèche n’occupera que 20% de la surface de l’immeuble », annoncent MM.Goulm et Balland. Désormais réunis au sein de l’association « Mieux vivre à Sextius-Mirabeau », une trentaine d’habitants des immeubles voisins déplorent « un manque d’informations sur ce projet ».
Parmi leurs préoccupations, plusieurs points: « Non-respect du plan d’occupation des sols, absence de documents indispensables dans le dossier et pas d’accord préalable à la création d’une crèche dans ce quartier », précisent Jack Goulm et Paul Balland. Selon eux, et après examen du permis de construire, la crèche « prévue en contre-bas des avenues Lunel et Juvenal sera semi-enterrée, ce qui nécessitera, pour son exploitation, une lumière artificielle pour les enfants ». Sans oublier, selon eux, « une circulation intense dans un quartier largement pollué », et « pas de stationnement créé pour faciliter la vie des parents qui viendront déposer leurs enfants ». Le parking Rotonde, le plus proche, se situe à 300m. »
Lire l’article dans la Provence du 17 février 2010