La municipalité a récemment émis le voeu de transférer le lieu de célébration des mariages de la Mairie centrale au Pavillon Vendôme. Une telle décision, au-delà des conséquences pratiques non négligeables qu’elle ne manquerait pas d’entraîner, apparaît tout simplement inenvisageable, tant pour des raisons de sécurité et d’accessibilité que juridiques.
Sécurité et accessibilité pour tous non garanties
En effet, les salons du Pavillon Vendôme, de part leur petite dimension, ne permettront certainement pas d’accueillir, dans le respect des règles de sécurité et d’accessibilité en vigueur, tous les participants à la noce…Il en résulterait, immanquablement, des situations difficilement acceptables pour les futurs mariés, leurs familles et leurs invités !
Des raisons juridiques qui empêchent un changement de destination du bâtiment
Le Pavillon Vendôme, tel que cela apparaît formellement dans plusieurs délibérations** du Conseil municipal, a été acheté par la ville à l’Administration des Domaines en 1929 grâce à la somme de 300.000 francs versée par M. Dobler. Pour réaliser l’acquisition, la ville n’avait alors à sa charge plus que 125.000 francs. Le don de M et Mme Dobler était néanmoins conditionné à l’installation dans le Pavillon Vendôme, à leur décès, d’un Musée. La ville a accepté ces conditions et elle est d’ailleurs devenue légalement propriétaire du Pavillon Vendôme le 13 mars 1953, à la suite du décès de la veuve de M. Dobler.
Au regard de ces éléments, il apparaît donc juridiquement impossible de changer la destination première du Pavillon Vendôme et d’en faire une salle de mariages.
Une fois de plus, la municipalité Joissains semble décider à la va-vite, en dépit du bon sens et sans prendre la peine de vérifier au préalable le cadre légal.
** Délibération du Conseil municipal d’Aix du 24 avril 1929 : « M. le Maire a reçu de M. Dobler, locataire de l’immeuble, des propositions qui (…) paraissent devoir retenir l’attention de l’assemblée car elles sont de nature à permettre l’acquisition de cet immeuble sans lourde charge pécuniaire, par conséquent, sans qu’il en coûte beaucoup à nos contribuables. (…) M. Dobler s’engage à donner à la Ville la somme de 300 000 francs pour lui permettre d’acquérir le domaine de Vendôme et ses dépendances (ancien couvent du Sacré-Coeur). Ce don se fait aux conditions suivantes : M. et Mme Dobler resteront, de leur vivant, locataires du Pavillon de Vendôme, de ses dépendances, de ses jardins, conservant pour leur compte les frais d’entretien, charges et impositions. (…) A la mort de M. et Mme Dobler, la Ville établira dans le Pavillon de Vendôme le Musée dit « Musée Dobler », composé de ses collections d’art décoratif ancien (…). Le musée ainsi créé portera son nom. »
**Délibération du 1er août 1929 :« (…) le Pavillon Vendôme a été l’objet d’une expropriation de la part de la Ville et l’indemnisation due à l’administration des Domaines, propriétaire de cet immeuble, a été fixée à 425 000 francs. M. Dobler s’est engagé à verser à la Ville 300 000 francs sous condition que M. et Mme Dobler resteront de leur vivant locataire gratuit du Pavillon de Vendôme et qu’à leur mort, la Ville établira un Musée avec les collections qu’ils se proposent de laisser. »
**Délibération n° 53-211 du 18 novembre 1953 :« A la suite du décès de Mme Veuve Dobler, survenu le 13 mars 1953, la Ville d’Aix-en-Provence est entrée en possession du Pavillon dont Mme et M. Dobler s’étaient réservés l’usufruit durant leur vie. (…) Selon délibérations en acte des 24 avril et 1er août 1929, l’assemblée communale de l’époque avait accepté la proposition faite par Mme et M. Dobler, et s’était engagée après leur décès, à créer, dans le Pavillon Vendôme, un musée dénommé « Musée Dobler », renfermant les collections, meubles et objets légués par ce délicat artiste. »